Flotte automobile - Augmentation des loyers LLD _ impact sur les budgets flottes

Entre octobre 2021 et aujourd’hui, les loyers de la location longue durée ont fortement augmenté. Nous estimons que cette hausse atteint 40 %, tous loueurs, marques, segments, durées, genres et motorisations confondus. Cette augmentation impacte toutes les entreprises, quelle que soit la taille de leur parc. Elle a des conséquences sur le comportement des clients professionnels, aussi bien pour la gestion de leurs parcs en circulation que pour la négociation des nouveaux contrats.

Du point de vue des parcs en circulation, nous constatons une augmentation des demandes d’allongement des durées. C’est une solution facile à mettre en œuvre. Si elle repousse le problème, il ne s’agit pas seulement de reculer pour mieux sauter. Cette optimisation des durées permet aussi de réduire les loyers. En tout cas, jusqu’à un certain point où l’augmentation du coût de maintenance inverse le résultat. Elle offre une plus grande marge de manœuvre sur l’exercice comptable, ce qui permet d’amortir légèrement la hausse des loyers des nouveaux véhicules.

Les critères de décision évoluent

Du point de vue des nouveaux contrats, la hausse des prix pousse les clients à faire évoluer leurs critères de décision, en considérant le prix comme le premier facteur. Un nombre croissant de clients ne confie plus son parc à un loueur unique, mais constitue un pool de loueurs mis en concurrence. Le marché est devenu tellement instable que la sélection des loueurs par appels d’offres globaux, voire par grilles matricielles périodiques, ne permet pas d’optimiser chaque commande. Pour assurer un benchmark efficace, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à réaliser des mises en concurrence systématiques pour chaque acquisition.

De l’augmentation des lois de roulage aux achats groupés

Le choix de la durée des nouveaux contrats impacte sensiblement le loyer. Les entreprises sont beaucoup plus réceptives lorsqu’on leur conseille d’optimiser les couples durée/kilométrage. Elles revoient leurs positions sur les durées : la moyenne historique de 36 mois dépasse désormais 41 mois et le plafond de 60 mois est largement dépassé, atteignant 84 mois. Les kilométrages souscrits sont également en augmentation. Le plafond des 150 000 km est révolu, la France se rapproche des marchés belge ou espagnol, habitués à travailler sur des kilométrages dépassant 180 000 km.

La logique des achats groupés refait surface avec le retournement du marché : la capacité de production des constructeurs a de nouveau dépassé la demande. La course aux immatriculations reprend doucement. Les vannes des remises s’ouvrent, mais l’achat groupé connaît des limites : les contrats construits pour ces groupements peuvent s’avérer rigides, et les remises obtenues ne sont pas toujours plus intéressantes que celles issues de canaux traditionnels, d’où la nécessité d’un comparatif.

Des Car Policies diversifiées

Une autre conséquence est l’ouverture des parcs à d’autres marques. L’attachement à un constructeur s’efface. Les marques chinoises se positionnent sur le marché des entreprises, bien que cette percée soit limitée par la fragilité et la récente mise en place de leurs réseaux de maintenance en France. On aurait aussi pu penser que les entreprises seraient tentées de baisser en gamme pour maintenir leurs coûts, mais ce n’est pas le cas. Pour l’instant, les entreprises suivent la tendance, et nous ne constatons pas de descente en gamme. Bien que le choix soit devenu un vrai casse-tête, les entreprises raisonnent désormais avec une plus grande diversité de motorisations dans leurs catalogues. Passé de 90 % diesel, le marché s’est emballé pour l’hybride rechargeable avant de réaliser que cette solution n’était pas adaptée à tous les cas. Le tout-électrique est maintenant confronté à la réalité du marché, où les craintes des loueurs quant aux valeurs résiduelles (VR) contribuent à faire flamber les prix.

Les habitudes d’achat en question

Historiquement, financer un véhicule en LLD ou en crédit-bail aboutissait à un coût similaire. Cependant, la politique des loueurs sur les VR a contribué à l’augmentation des prix de la LLD, d’autant plus qu’au même moment, les véhicules d’occasion (VO) étaient fortement valorisés (ce qui n’est plus le cas). La hausse des loyers en LLD a poussé les entreprises à s’intéresser à des modes de financement adaptés en fonction du genre, de l’utilisation et des risques liés aux frais de remise en état.

Enfin, la hausse des loyers pousse les entreprises à analyser plus finement leurs coûts. L’étendue des services souscrits auprès des loueurs est remise en question. Les entreprises commencent à intégrer la nécessité de confier certains services à des prestataires spécialisés. Si la maintenance est peu touchée (car difficilement dissociable), tous les autres services sont concernés. Une conséquence de ces évolutions pourrait être la montée en compétences des gestionnaires de parc. Ils gèrent des budgets de plus en plus importants, avec des prix devenus volatiles. Des outils existent, et d’autres peuvent être créés. Dans tous les cas, si les entreprises veulent maîtriser leur budget, elles doivent revoir leurs habitudes d’achat.

Yann Guillaud, conseiller en gestion de flotte

Source : https://www.auto-infos.fr/

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